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Sathiel

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La Messe Noire de Dr. Gabriel Legué

Par Sathiel :: 07/04/2007 à 9:02 :: Satanisme

 

En ces temps de Pâques, un peu d'hérésie ne fait pas de mal...

 

"Mme Voisin ne put dissimuler sa satisfaction à la vue de Mme de Montespan, si exacte au rendez-vous nocturne.

La porte refermée, elle s'empressa de dire:

- Combien je vais être heureuse, madame la marquise, de vous mettre en communication une fois encore avec l'Esprit!

Athénaïs poussa un soupir et frissonna à la terrifiante idée du rite monstrueux.

- Je n'aurai jamais la force, balbutia-t-elle, de recommencer le sacrifice...

- Si, madame la marquise, interrompit l'impérieuse devineresse, il vous suffira de penser à l'avenir glorieux qui en sera la récompense.

Et Mme Voisin prit par le bras Mme de Montespan troublée et hésitante. Doucement, avec des OEillets, elle l'emmena à travers le jardin jusqu'au pavillon mystérieux où la devineresse avait coutume de rendre ses oracles.

Elles pénétrèrent dans une salle aux murs recouverts d'épaisses draperies noires.

Au fond, élevé de trois marches, comme en une chapelle ardente, contre une croix blanche brodée dans l'étoffe, un autel s'érigeait. C'était une longue table étroite, sous une étoffe de deuil; dans une sorte de tabernacle, trois crânes humains étaient disposés. De chaque côté de fumée, chargées d'encens, de myrrhe et d'aromates s'évadaient des torchères.

Couché au pied de l'autel, les bras étendus, rigide, un prêtre semblait abîmé dans une profonde méditation. Il était revêtu "d'une chasuble de soie blanche brodée de pommes de pin noires..."

Près de lui, un homme arrangeait sur l'autel les divers objets du culte, allumait des cierges noirs fichés en de hauts chandeliers d'argent.

A gauche, entre l'écartement de deux rideaux, un four entr'ouvert rougeoyait dans la pénombre. Debout à l'autre extrémité de la pièce, une jeune fille regardait avec étonnement ces préparatifs. C'était Marguerite. Déjà, avant l'arrivée de la marquise et de sa suivante, la devineresse avait prévenu les surprises de sa fille.

- Mon enfant, avait-elle dit, il ne faudra point t'effrayer de la cérémonie dont tu vas être témoin. Tu devras au contraire me remercier d'avoir voulu t'initier à nos mystères... Bientôt, tu comprendras de quelle occulte puissance dispose ta mère... Et cette puissance, dont je te dévoilerai les secrets lorsque le moment sera venu, tu en disposeras à ton tour. Aie confiance en moi!

Pourtant, la jeune fille, devant l'étrange appareil de cette salle où, jusqu'alors, on lui avait défendu de pénétrer, demeurait en proie à une violente émotion.

C'est dans une deuxième pièce, petite et vide, qu'éclairaient deux flambeaux, et fermée par de hautes tentures, que Catherine Voisin avait ensuite conduit Mme de Montespan et Mlle des OEillets.

La suivante commençait à dévêtir sa maîtresse, qui se laissait faire, sans un mot, sans une révolte de pudeur, sans rien que le tremblement fébrile qui l'agitait toute.

Catherine, exhortait Athénaïs:

- Du courage, madame!... N'avez-vous pas déjà supporté cette épreuve? C'est pour votre bonheur que nous faisons dire cette messe, plus solennelle que les autres, parce que c'est la dernière, conformément à l'occulte rite... Astaroth, Asmodée et les autres Princes des Ténèbres agréeront votre beauté et vous mèneront à la gloire! Du courage, madame!

Mlle des OEillets sortit un instant et revint.

- Les préparatifs sont achevés, dit-elle à Catherine.

Alors, Mme Voisin, pour donner plus d'éclat encore à la cérémonie, revêtit le somptueux costume qui émerveillait tant sa clientèle. Quand elle se fut couverte de l'impérial manteau de velours cramoisi, elle murmura à l'oreille de la marquise:

- Hâtons-nous, madame, L'heure est propice aux nocturnes incantations.. Venez!

Pareille à quelque antique prêtresse d"Aphrodite, le visage masqué seulement d'un loup noir, Athénaïs de Mortemart apparut dans tout l'éclat de sa radieuse beauté.

Des cheveux d'or fauve, en lourdes torsades, tombaient jusqu'aux chevilles, illuminant cette admirable statue de chair.

Le col, un peu long, émergeait comme une fine colonnette d'entre les épaules éblouissantes de blancheur, et les seins s'érigeaient, orgueilleux et fermes.

Le prêtre - l'abbé Guibourg - avait quitté sa pose extatique et se tenait maintenant debout au pied des marches.

Catherine Voisin conduisit Athénaïs jusqu'à l'autel.

Et la fière Montespan, sacrifiant tout à son ambition, se coucha devant le prêtre, "les jambes pendantes d'un côté et de l'autre, la tête appuyée sur un coussin de velours noir frangé d'argent." Et parmi les ornements sombres du sanctuaire, les reflets pâles des torchères, des cierges et des trépieds, son beau corps resplendit...

Sur la poitrine de la marquise, l'abbé Guibourg plaça un crucifix d'ivoire, et sur le ventre, il étendit un large parchemin qu'il recouvrit d'un corporal de fine toile de lin.

C'est là qu'il déposa le calice d'or.

Marguerite, attentive au fond de la salle, ne pouvait détacher ses yeux d'un tel spectacle. Puis un étrange cantique se fit entendre, où revenaient en litanies d'effroyables supplications au démon.

Une clochette au son clair tinta. Le chant cessa. La parodie infâme commença.

Agenouillée près de l'autel, la devineresse remplissait l'office de clerc:

- In nomine Astaroth et Asmodei et Beelzébuth. Introibo al altare omnipotentis principis spirituum, prononça le prêtre.

- Qui laetificat juventutem et cupidates nostras, répondit le clerc.

- Quia tu es Lucifer omnipotens, emitte lucem tuam et afflige inimicos, continua l'officiant.

C'était un chuchotement dans la troublante solennité de cette salle lugubre.

Pendant ce temps, Lesage s'avança jusqu'au four qui crépitait, et l'ouvrit entièrement. Des flammes s'allongèrent, des étincelles jaillirent, et ce fut comme une gerbe aveuglante d'escarboucles et de rubis. Un long rai de lumière illumina l'autel vivant, dessinant avec une incomparable netteté les lignes de ce corps merveilleusement beau; et, fantomatique, le prêtre passa et repassa, se courba, baisa le corporal de ses lèvres sacrilèges, puis se releva et prononça les secrètes paroles du rite démoniaque.

.........................................................

Cependant, le moment de la consécration était venu.

Une portière se souleva, et une femme apparut, tenant dans ses bras un enfant qu'elle présenta au prêtre.

Ses petits yeux agrandis par l'effroi, la frêle créature cria et se débattit un instant entre les mains de l'officiant. Mais celui-ci, sans s'émouvoir, l'élava au-dessus du calice et prononça lentement ces mots:

- Astaroth! Asmodée! je vous conjure d'accepter le sacrifice que je vous présente de cet enfant, pour la chose que je vous demande!

A ce moment, la Voisin s'approcha et tendit au prêtre un long couteau. D'une main, Guibourg tint l'enfant suspendu, et, de l'autre, comme en proie à une sorte de frénésie, il plongea si violemment le fer meurtrier dans la gorge de l'innocente victime, qu'on n'entendit même pas un faible gémissement.

Le sang gicla de la plaie béante, ruissela dans l'or du calice, tacha de pourpre le corps d'Athénaïs.

Pâle d'horreur, elle sentit couler sur sa chair la tiède liqueur de vie; Marguerite poussa un cri; elle ne put contempler plus longtemps la terrifiante cérémonie; elle s'évanouit.

Et le prêtre, impassible, regardait le sang couler. Quand le calice fut plein, il remit le frêle holocauste à la Voisin, qui l'emporta vers le four et l'y précipita.

Alors, le visage comme transfiguré, Guibourg saisit le calice et proféra les paroles sacramentelles de la consécration..lix san

- Hic est enim calix sanguinis mei...guinis mei...

Trempant ses doigts dans le vase sacré, il aspergea l'autel du sang de l'enfant. Après quoi, il dit:

- Initium sancti Evangelii secundum Joannem, puis il continua l'évangile selon saint Jean, en intervertissant l'ordre des mots du texte, ainsi que le prescrivait le rite démoniaque. Quant il fut arrivé à ce passage: Et verbum caro factum est, il dit:

- Et caro verbum facta est.

Catherine répondit:

- Gloria vobis Beelzébuth et Astaroth.

Et, prenant le parchemin qu'il avait placé sous le corporal, Guibourg lut à haute voix:

- Je (ici l'officiant prononça assez bas: Françoise-Athénaïs de Mortemart, marquise de Montespan) demande l'amitié du Roy et celle de Monseigneur le Dauphin, et qu'elle me soit continuée... Que la Reine soit stérile... Que le Roy quitte son lit et sa table pour moi et mes parents!... Que mes serviteurs et domestiques lui soient agréables! Chérie et respectée des grands seigneurs, que je puisse être appelée aux conseils du Roy et savoir ce qui s'y passe! Et que cette amitié, redoublant plus que par le passé, oblige le Roy à quitter et à ne plus regarder Fontanges, et que la Reine étant répudiée, je puisse épouser le Roy.

La marquise, sans un tressaillement, avait écouté les vœux criminels formulés en son nom par le prêtre.

- Ite missa est, dit Guibourg, après un silence.

- Lucifero gratias, ajouta Catherine.

La messe était achevée.

Le prêtre descendit les marches de l'autel, et Mme de Montespan, effroyablement pâle, se releva.

Aidée de la devineresse et de Mlle des OEillets, elle fit disparaître le sang qui la souillait, se rhabilla à la hâte, remit à Catherine une bourse remplie d'or, puis sans forces, elle sortit, appuyée au bras de sa suivante.

Devant le pavillon, Lesage et Romani les attendaient.

Au fond du jardin, une petite porte basse s'ouvrait sur la rue de la Lune. C'est par là que les deux hommes, chacun un flambeau à la main, les accompagnèrent jusqu'à la Porte Saint-Denis, où stationnait le carrosse de la marquise."

La Messe Noire - Dr Gabriel Legué - Chapitre XV - 1903

La bétise n'a pas de limites

Par Sathiel :: 01/04/2007 à 12:04 :: Satanisme

Reçu ce matin d'un site sur lequel je voulais référencer ce blog

 

"Bonjour,

Votre site ne peut être accepté dans les sites membre de
XXX.net
car celui ci contient des rituels hardcore ou il est dit entre autre de
se masturber ou bien encore de se mettre totalement nu, XXX.net
peut accepter des Sites traitants sur le satanisme mais garde une
limite
au résonnable.


Merci de votre compréhension.


XXX

Directeur de l'Information
XXX.net"

 

Les dogmes moralisateurs ne sont pas encore morts... Les idiots non plus d'ailleurs

 

Satan

Par Sathiel :: 26/03/2007 à 10:39 :: Satanisme

 

Comme l’on m’a souvent demandé comment je voyais la figure de « Satan », voici ma réponse a cette question :

 

Tout d’abord je conçois l’univers comme bipolaire (subjectif et objectif). L’univers subjectif est le Moi propre du mage (ou ça – moi – surmoi si vous êtes d’obédience Freudienne, le « Being » si vous êtes Aquinien…), son essence. L’univers objectif est le monde qui nous entoure, tout ce que nous pouvons et ne pouvons pas appréhender mais qui est extérieur a notre être. Comme je l’écris dans mon article sur les Ténèbres, il y a cinq portes qui nous relient de l’univers subjectif à l’univers objectif et nous permet d’interagir (l’interaction s’entendant dans les deux sens évidemment).


Dans l’univers subjectif, je conçois Satan, Lucifer, Set ou Loki comme vous voudrez, comme la force dynamique qui permet le processus d’auto déification, ce que je nomme l’ « Apocalypse », la révélation de soi et la connaissance. Cette force est l’interaction conjointe de ma volonté, mon expérience, mon imagination, mon jugement / esprit critique et ma carnalité.


En ce sens ma philosophie n’est pas très éloignée de celle du « Xeper » aquinien mais je ne me limite pas à l’action de ma Volonté seule comme moteur d’évolution de ma conscience, j’y adjoins 4 autres facteurs (Expérience, carnalité, jugement et imaginaire) qui me semblent primordiaux. Cette force dynamique est le « Prince of Darkness » ou encore « the Dark Gods » de mon monde subjectif.


Pour ce qui est du monde objectif, certaines philosophie nient toute entité supérieure, d’autres pensent a une force de la nature créatrice et / ou destructrice, certains encore a une alliance polythéiste de forces (Cf les écrits de the Church of Azazel ou de Mme Dianne Vera…)…

Personnellement, je pense que Satan, ou le Prince des Ténèbres du monde objectif se définit par une opposition : tout ce qui nous dépasse mais qui ne s’intéresse pas a nous. Je m’explique. Au contraire de la RHP, la LHP ne croit pas à une entité divine qui permette à l’homme de se soustraire à ses propres responsabilités. En ce sens, si entité supérieure il y a elle doit être détachée de toute contingence humaine et ne définir aucune limite ou aucune morale. Bref elle ne s’occupe pas des hommes. Ensuite cette entité doit être dynamique, elle crée et elle détruit sans se soucier des conséquences, tel que le fait la nature et ce de façon inexplicable, elle échappe aux lois humaines, a la morale, a la condition des hommes, elle est par delà le Bien et le Mal, elle est l’Opposition pure : le Chaos. Le prince des Ténèbres du monde objectif est le « Chaos » et toute tentative de l’appréhender ne fait que changer les paramètres du Chaos, le rendant encore plus inapprochable.

 

© Sathiel

Illustration : Satan - Gustave Dore - Illustration pour Paradise Lost de John Milton

Re-définir le Satanisme

Par Sathiel :: 22/03/2007 à 10:08 :: Satanisme

Le fait que le mot anglais « Evil » (Mal) donne « Live » (Vivre) quant il est épelé a l’envers a produit son effet dans le passé, mais sa valeur hérétique et donc son utilité sont depuis longtemps épuisées.  Il est même aujourd’hui contre productif de qualifier un adepte de la voie Sinistre de « mauvais ». Reléguons donc ce mythe à la corbeille avec l’autre non sens qui voudrait que le Satanisme soit une ramification du Christianisme…

Le satanisme n’est plus aujourd’hui le crochet sur lequel les non croyant peuvent accrocher leur complexe de culpabilité. Deux mille ans à être présentés comme le bouc émissaire nous a laissé sur la défensive. Dans toutes les déclarations au  grand public, nous avons dépensé trop de temps et d’énergie à expliquer ce que nous n’étions pas et cette accumulation de négation a provoque un vide de sens au lieu d’une exégèse valide. Aujourd’hui nous sommes encore accusés de sacrifier des nourrissons et de nous compromettre dans des activités sexuelles illégales. Les gens pensent que nous tirons avantage de cette situation même si personne n’a jamais expliqué comment de tels actes pouvaient accroître notre Connaissance, car c’est bien la Connaissance que tout Sataniste recherche.

L’Orthodoxie substitue la Foi à la Connaissance. Personne ne peut fonder un jugement objectif sans l’Expérience, mais l’expérience est interdite aux pratiquants des religions établies. Seul la croyance est demandée. Il y a des siècles, cette croyance absolue a peut être été une contribution bénéfique a la stabilisation de la société (même si les excès de l’Inquisition peut faire douter de la validité de la méthode.), mais aujourd’hui il semble illogique de penser que la survie des Nations pourrait être affectée par la croyance ou la non croyance dans un système religieux quel qu’il soit. La liberté est une demande d’aujourd’hui et la liberté de penser est l’une des libertés essentielles.

La plus grande question sur cette terre est probablement celle de l’inconditionnalité de la mort. Libéré des chaînes de l’Orthodoxie et de ses improbables placebos, nous voulons savoir ce qui se passe lorsque notre corps cesse de respirer. Nous voudrions aussi savoir comment être plus efficients sur cette terre, comment créer dans tous les sens du terme. Les mythes et les légendes ne nous intéressent pas. Nous sommes concernés par la réalité. « Nous voulons savoir » ; ces trois mots représentent la quête sataniste.

Nous ne croyons pas que quelque déité sublime et mystérieuse (qu’elle porte des cornes et un trident ou non) va nous apporter la connaissance en retour de notre allégeance ou de la vente de notre âme. La Connaissance s’obtient en apprenant, travaillant, expérimentant, découvrant et pensant. C’est pour cela que les religions déclarées sont furieuses contre nous, parce que nous sommes au courant des failles des dogmes qui forment leurs fondations. C’est notre existence même qui les menace.

La Foi est le vrai « mal ». La Foi aveugle et irraisonnée dans une religion ou une cause a amenée l'homme à faire la guerre, à commettre des actes insensés de persécutions ou de terrorisme contre d'autres hommes. Le sataniste n'offre pas une telle allégeance. C'est son principe que de demander « pourquoi ?». Un petit mot qui pourrait faire s'écrouler des Empires. Pas étonnant qu'ils aient peur de nous.

Magdalene Graham

 

Traduction Sathiel

Du Dogme

Par Sathiel :: 08/03/2007 à 8:49 :: Satanisme

N'avez vous jamais remarqué comme tout le monde utilise à longueur de temps des mots vide de sens. Faite l’expérience, lisez un journal, participiez a un forum sur Internet ou tout simplement écoutez une conversation. Combien de fois allez vous lire ces mots vides : Bien, Mal, Egalité, Liberté, Amour… Maintenant demander à la personne qui les utilise de vous dire ce que cela signifie. C’est quoi le Bien, le Mal, la Liberté… ?

 Invariablement vous devriez recevoir ce genre de réponse : « Le bien c’est aider les autres » ou « le Mal c’est tuer quelqu’un »  ou encore « la Liberté  c’est de pouvoir faire ce que l’on veut ». Donc logiquement j’en conclus : qu’aider Adolf Hitler à construire des camps de la mort est « Bien », que de tuer Adolf Hitler était « Mal » mais que comme je suis libre je pouvais le tuer car j’avais le droit de tout faire…. En conclusion j’en arrive à dire l’inverse de l’idée que je voulais faire passer… Les mots généraux sont pernicieux. Ces grands concepts dont la plupart des gens se gargarisent sans les comprendre sont les pires ennemis de votre conscience et de votre Vérité.

 Mais la généralisation des concepts pour les rendre vide de sens n’est pas nouvelle. Déjà Platon en posant les bases de la métaphysique nous parlait de la Vérité divine et universelle uniquement accessible aux hommes de vertu. Un peu plus tard on appellera cette Vérité Dieu et on lui attribuera arbitrairement des qualités (purement humaines comme la créativité (Dieu Créa le monde), la générosité, l’amour…) que l’on qualifiera de Bien et des défauts (l’égoïsme, l’opposition…) en la personne de Satan que l’on qualifiera de Mal. L’Homme venait d’inventer la notion de Dogme… Il avait transcendé des concepts purement humains et les avait appliqués à une conscience supérieure. Mais en faisant cela il a aussi vidé ces notions de tout sens exploitable au niveau du groupe.

  Il y a quelques années de cela je posais cette question a un homme d’Eglise: « Qu’est ce que le bien universel représenté par Dieu ? » Sa réponse fut « L’amour de son prochain ». Donc je dois aimer Adolf Hitler, Saddam Hussein ou tout autre dictateur de votre choix ? Donc les croisades furent le « Mal » organisé par l’Eglise car leur but n’étaient pas d’aimer leur prochain ? Donc Dieu s’il laisse des gens se faire tuer et aller en Enfer c’est qu’il ne les aime pas ? Dieu est donc aussi le Mal ? On ne s’en sort pas…

Les Eglises et depuis peu les Etats ont essayés de sortir de ses contradictions en inventant d’autres dogmes : Le bien c’est « Liberté, Egalité, Fraternité ». Mais en faisant ça ils n’ont réussi qu’a vider de sens d’autres concepts purement humains…

 Si maintenant je déplace mon référentiel de pensée et que je ramène  ces notions a moi-même et non à une universalité douteuse, j’obtiens des réponses bien plus sensées. Je suis capable de dire ce qui est bien pour moi et mauvais pour moi. Je suis capable de définir ce qui est libérateur pour moi et ce qui ne l’est pas. Je suis capable de dire ce qui est juste pour moi et ce qui ne l’est pas…

 Mais si je fais ça, cela veut dire que je me définis en tant qu’individu et donc je m’oppose au groupe car ce qui est bon pour moi ne l’est pas forcement pour mon voisin. Si j’adopte mon propre référentiel et non plus un référentiel universel, alors je définis mes propres valeurs, mes propres normes, mes propres lois… Je fais comme Dieu. Je suis Dieu. Certes seulement le Dieu de mon propre monde et de ma propre Vérité, mais j’agis comme tel.

 De la généralisation nous avons abouti au dogme et le dogme n’est qu’une limitation de notre libre arbitre. Une bride sur notre esprit critique. Il est bien plus simple de se coucher dans des idées toute faites que d’en créer de nouvelles plus adaptées a soi et l’homme étant fainéant de nature, il a préféré se vautrer dans le dogme que de se battre pour la véritable libération de sa conscience individuelle.

 Alors quant aujourd’hui notre monde subjectif est pollué par des concepts vides de sens mais rabachés depuis le plus jeune age par la religion, la société ou le groupe, il ne se rebelle plus. Il courbe le dos et enterre un peu plus sa tête dans le sable. En prendre conscience fait mal, mais qui a dit que la vie était facile.

 Notre cerveau se transforme peu a peu en un imbroglio de généralités apprises, admises et restituées encore plus vides. A continuer comme cela, l’ombre de Pavlov et de ses chiens n’est plus très loin.

 © Sathiel

La théorie du point de Belial

Par Sathiel :: 03/03/2007 à 9:03 :: Satanisme

"Tout a un commencement - le point où il commence. Un arbre a une graine, un poulet un oeuf, etc... Mais chacun de ces commencements a également eu une cause - la graine pour faire naitre l'arbre est venue d'un autre arbre; le poulet qui a pondu l’œuf est lui même issu d’un poulet avant lui pondant un oeuf. N’est il alors pas possible de supposer que tout a une cause, et une cause avant elle, et encore avant elle, se répétant infiniment jusqu'à ce que la première cause théorique soit atteinte ?

 

La première cause n'existe seulement que comme concept, car pour exister comme « force  réelle »  qui fait exister quelque chose,  il faudrait qu’elle même ait été provoquée par quelque chose, donc elle n’est pas réellement  la «première cause ». Ainsi nous devons remonter à une étape antérieure, et la situation se répète alors a l’infini. Dans un souci de la clarté, nous appellerons cette idée abstraite de  la première cause, le point de Belial. J'expliquerai la signification du nom plus tard. Exactement comme le point géométrique ultime de la pointe d’un triangle ne peut jamais être atteint, puisque de  n'importe quelle façon que nous essayions de zoomer en le recherchant dans l'espace bidimensionnel, le point géométrique est toujours infiniment plus petit que ce que nous pouvons voir, la première cause est le point théorique a partir duquel la chaîne entière des événements infinis a été mise en mouvement.

 

Finalement, tout ce qui a existé, existe maintenant, et existera, doit son existence à cette  première cause dans la chaîne - le point de Belial. L'humanité a inconsciemment toujours su cela, et chacun a attribué divers aspects et traits de personnalité à cette première cause, qui ont à leur tour mené à la croyance dans les déité telles que Dieu, le créateur suprême, être infini. Pourtant si être infini il existe, par exemple Dieu, et selon le raisonnement démontré ci-dessus, Dieu a du avoir lui aussi un point de Belial. Le point de Belial n'est pas personnifiable - il ne pense pas, n’a pas de conscience - à cet égard, il peut être comparé à une autre force, telle que la pesanteur ou le frottement.

 

La pesanteur pense-t-elle? Non, elle adhère juste à un ensemble de principes et fonctionne selon ceux ci. La force exercée au point de Belial est infiniment simple – c’est  «l'étincelle »  ou « la chance » qui a mis en mouvement la cause de  la cause de la cause, répétée à l’infini. Cette « cause première »  peut être interprétée à beaucoup de niveaux par l'intellect humain. Certains, choisissant de l'adorer, de lui donner une personnalité, et d'établir un ensemble formel ou non cérémonial de règles pour régir leur croyance, habituellement fondes sur une idée semblable à « Au commencement, Dieu a créé les cieux et la terre ». Mais comme le point de Belial est simplement une cause, l'adorer n'a aucune pertinence réelle – c’est juste une manière d'accepter qu'il s'est produit - donner une signification à l'existence de l'homme.

 

D'autres choisissent d'étudier ses effets aussi loin dans le temps qu’ils le peuvent, par exemple les scientifiques recherchant la raison derrière le « Big Bang »  et à ce qui y a conduit. D'autres juste l'ignorent et continuent a vivre leurs vies. Comment chacun choisis d'accepter son existence comme causée par le point de Belial, et quelque soit la signification que vous lui donnez, n’est seulement que le résultat d’un choix, fondé sur autant d'incertitudes que celui fait par une autre personne. Si vous choisissez de l'adorer comme un dieu en lui donnant une personnalité, alors allez-y – cela vous procurera un sentiment de réalisation spirituelle et le sens des valeurs. Si vous choisissez de l'étudier et d’en apprendre le maximum sur ce qui s'est produit et pourquoi cela s’est produit, alors allez-y - la connaissance des mécanismes de l'existence est certainement une bonne chose. Si vous choisissez de l'ignorer, et de vivre votre vie – si cela vous rend heureux, alors allez-y. Chaque choix est aussi valide qu’un autre, et aucune définition particulière n'est  « Vraie » ou « Fausse »,  «Bonne » ou « Mauvaise ».car ces définitions sont subjectives, et signifie seulement ce que vous voulez qu'elles signifient - fondamentalement, « bon »  signifie ce que vous aimez, et  « Mal » ce que vous n'aimez pas. Car tous les choix sont égaux, personne n'a le droit de condamner les autres pour leurs choix personnels sur la façon dont ils concoivent « le point de Belial » car au final nous croyons tous de toute façon à une cause originelle.

 

J'appelle ce point théorique le point de Belial, comme Belial symbolise l'indépendance pure - l'indépendance d'avoir été causé, il est la première cause de toutes."

 

Dave Golgotha

 

Traduction: Sathiel

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